Qu’est-ce que la spondyloarthrite


Le nom de la spondylarthrite ankylosante est formé de racines grecques Spondylos qui signifie vertèbre Arthrite qui désigne l’inflammation articulaire Ankylosante qui indique la raideur, la rigidité des articulations.

Qu'est-ce que la spondyloarthrite?

 

 

Le nom de la  spondylarthrite ankylosante  est formé de racines grecques:

  • Spondylos  qui signifie vertèbre;
  • Arthrite  qui désigne l'inflammation articulaire;
  • Ankylosante  qui indique la raideur, la rigidité des articulations.

En effet, la spondylarthrite ankylosante (en abrégé «  SA  » dans le reste du document) est avant tout une  maladie inflammatoire chronique de la colonne vertébrale et des articulations .

Elle est liée à un  dérèglement des défenses naturelles  (les défenses immunitaires)  de l'organisme  qui entraîne une  inflammation quasi permanente  de certaines articulations, de la colonne vertébrale et du bassin (articulations sacro-iliaques dans la fesse).

Les spondyloarthrites constituant un groupe de plusieurs rhumatismes inflammatoires     chroniques qui touchent les enthèses, c'est à dire les zones d'insertion sur l'os des tendons, des ligaments ou de la capsule articulaire.

La maladie peut se manifester par différents signes, qui ne sont pas tous présents ou simultanés. Ces signes peuvent être:

  • des douleurs inflammatoires de la colonne vertébrale (atteintes du squelette dites «axiales»),
  • des douleurs inflammatoires des membres (atteintes du squelette dites «périphériques»): toucher les grosses articulations (hanches, genoux le plus souvent) et / ou des tendons (tendon d'Achille le plus souvent),  
  • des manifestations inflammatoires (dites extra-articulaires)  qui ne touchent pas les articulations,  mais certains organes, comme l'œil, le tube digestif ou la peau.

La SA fait partie des maladies dites «auto-immunes».

Si l'on ne sait pas la guérir, des  moyens médicaux et thérapeutiques efficaces  permettent aujourd'hui d'en freiner l'évolution, et de voir  l'ankylose *  (raideur) et  les déformations .

Une maladie assez fréquente

La SA toucherait environ  150 000 adultes en Algérie. C'est une maladie de l'adulte jeune qui se déclenche le plus souvent entre 20 et 30 ans, mais qui peut aussi débuter chez l'enfant.
On a longtemps cru qu'elle était beaucoup plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. Pourtant, la plupart des études récentes sont récentes que 
les deux sexes sont concernés de façon presque comparable .
Chez les femmes, le diagnostic est souvent plus difficile à établir, car l'atteinte radiologique est plus tardive et les formes plutôt moins sévères.

Une maladie aux origines encore mal connue

Comme pour d'autres maladies auto-immunes, on sait qu'il existe une  «prédisposition génétique» , c'est-à-dire qu'une composante génétique (des gènes) est responsable de la maladie. Mais son déclenchement demeure lié à des éléments extérieurs:

  • événements émotionnels,
  • agents infectieux,
  • facteurs environnementaux…

La SA n'est pas une maladie héréditaire simple  (qui se transmettrait l'ensemble d'une génération à l'autre). Mais les recherches doivent encore se poursuivre afin de vérifier plus précisément les composants génétiques et les facteurs responsables du déclenchement de la maladie.

Qu'est-ce qui cause la spondylarthrite?

Nous ne savons pas ce qui cause la spondylarthrite, mais nous savons qu'il y a un facteur génétique. Environ 90% des personnes atteintes de spondylarthrite sont porteuses du gène HLA-B27, un gène qu'on retrouve chez environ 7% de la population blanche de l'Europe occidentale. L'implication de ce gène est connue depuis 1973, mais il n'y a pas de mécanisme déterminant connu par lequel B27 cause la SA.

Ce qui brouille les pistes c'est que l'autre 10% de la population atteinte de spondylarthrite ne possède pas le gène HLA-B27, il doit donc y avoir d'autres facteurs sollicités. Les chercheurs ont maintenant identifié au moins 20 gènes reliés à la SA mais leur rôle n'est pas bien compris. Il est connu que les gènes ERAP 1 et 2 sont apparents à B27, et il est possible que ce soit l'interaction de ces gènes avec B27 qui cause la maladie. Il est aussi connu qu’un autre gène, codant pour le récepteur IL-23 soit désigné.

Il ya présentement beaucoup de recherche génétique à travers le monde afin de rechercher les gènes associés à la SA et à la susceptibilité pour l’intérieur de ces gènes de développer la maladie.

Comment se manifeste la SA?

Une inflammation des enthèses

Dans la SA, l’inflammation touche une zone bien précise de l’articulation : l’enthèse, qui correspond au point d’ancrage des ligaments ou des tendons aux os. [voir schéma]

La maladie se manifeste principalement au niveau de la colonne vertébrale, mais elle peut aussi toucher d’autres sites, par exemple le talon.

Une maladie douloureuse, enraidissant, et fatigante

La SA débute généralement par des douleurs qui vont et viennent sans raison apparente et/ou par une raideur matinale, et une très grande fatigue.
Fluctuantes en intensité et variables dans leur localisation (ce qui peut parfois être déconcertant), ces douleurs réveillent souvent dans la deuxième partie de la nuit.
La raideur matinale articulaire nécessite une période plus ou moins longue de “dérouillage”, de quelques minutes à plusieurs heures.
Certaines personnes peuvent cependant n’avoir que peu ou pas de douleurs, mais s’ankyloser complètement (bloquées dans leurs mouvements) : l’inflammation est alors bien présente, mais indolore.

Evolution de la maladie

Quand la maladie évolue, les principales complications de ces inflammations sont :

  • Pour la colonne vertébrale : la raideur définitive, par ossification des ligaments et des articulations entourant les vertèbres, qui peut, à terme, aboutir à la fusion des vertèbres en position courbée en avant.
  • Pour les autres articulations : une érosion, voire une destruction nécessitant parfois le recours à la chirurgie.

Une évolution par “poussées”

Une autre caractéristique de la SA est l’évolution « par poussées ».
La maladie peut être présente pendant plusieurs jours d’affilée, puis se faire plus discrète durant une période plus ou moins longue, jusqu’à la prochaine crise.

Aujourd’hui mieux contrôlée

Grâce à une prise en charge de plus en plus précoce et aux traitements aujourd’hui disponibles, les complications de la SA, en particulier l’enraidissement de la colonne vertébrale, sont heureusement de moins en moins fréquentes

Quelles sont les articulations touchées ?

Les articulations les plus souvent touchées sont les articulations sacro-iliaques (qui se situent dans la fesse) et celles de la colonne vertébrale.
Dans les formes avancées, la maladie peut s’étendre à d’autres articulations, en particulier aux 
hanches, aux genoux, aux épaules, aux chevilles et aux poignets.
Toutes les articulations peuvent être atteintes, y compris celles de la 
cage thoracique, ce qui peut entraîner des difficultés respiratoires.
La SA peut aussi être associée à 
d’autres manifestations :

  • atteintes de la peau (psoriasis),
  • des yeux (uvéites),
  • des intestins (maladie de Crohn et recto-colite hémorragique),
  • et exceptionnellement à des atteintes cardiaques.

La SA reste souvent diagnostiquée trop tardivement

Le diagnostic se fonde avant tout sur l’écoute et l’échange médecin-patient.
Le médecin généraliste habituel a souvent du mal à mettre un nom sur la maladie.
L’avis d’un second rhumatologue peut parfois s’avérer nécessaire.

Mais même encore aujourd’hui, le diagnostic précoce de la SA est un parcours long et difficile.
Les signes radiologiques d’altération des articulations ne sont pas toujours visibles au début de la maladie, mais 
certains tests sanguins peuvent apporter des informations utiles comme :

  • la recherche de l’antigène HLA-B27,
  • la vitesse de sédimentation (VS),
  • et la CRP qui évaluent le niveau d’une inflammation.

Traitements

Si on ne peut pas guérir la SA, différents traitements permettent aujourd’hui de soulager la douleur, de préserver la mobilité articulaire, et de réduire les atteintes destructrices.

La prise en charge de la spondylarthrite répond à un triple objectif :

  • réduire l’inflammation, la douleur et la raideur,
  • garder la colonne vertébrale et les articulations aussi mobiles et souples que possible,
  • limiter les déformations.

Prise en charge de la spondylarthrite

 Il n’y a présentement pas de cure pour la spondylarthrite mais avec une prise en charge de la maladie dans les stades les plus précoces possible; les patients peuvent mener des vies remplies et gratifiantes.

La prise en charge de la spondylarthrite se divise en deux catégories : la thérapie pharmacologique (médication) et l’activité physique. Dans certains cas, la chirurgie peut être considérée comme une option avantageuse.

Thérapies pharmacologiques

Le traitement de première ligne pour la spondylarthrite sont les AINS. Plusieurs patients répondent bien aux AINS, mais si les AINS seuls ne soulagent pas les symptômes, il y a des médicaments relativement nouveaux (introduits pour la première fois en 1998, aux États-Unis) ils sont nommés médicaments biologiques ou agents inhibiteurs de TNF (TNFi) ou inhibiteur de facteur de nécrose tumorale. Ces médicaments peuvent être très efficaces pour la plupart des patients (environ 70%) et ralentir dramatiquement la progression de la maladie.

Médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)

Les AINS sont utilisés pour les spondylarthrites axiales et périphériques afin de réduire l’inflammation. Il y a des preuves démontrant que la prise régulière d’AINS peut ralentir la progression de la spondylarthrite ankylosante chez les patients avec des facteurs de risque.

Médicaments anti-rhumatoïdes modifiant la maladie (DMARD)

Pour la spondylarthrite périphérique, les DMARD (Disease Modifying Anti-Rheumatic Drugs) comme la sulfasalazine et le méthotrexate peuvent être prescrits. Les DMARD ont peu ou pas d’effet sur les maladies affectant la colonne vertébrale.

Corticostéroïdes locaux

Les injections de corticostéroïdes locaux peuvent être utilisées pour l’arthrite périphérique afin de diminuer l’inflammation.

Les agents inhibiteurs de TNF ou médicaments biologiques anti-TNF (TNFi)

TNF signifie facteur de nécrose tumorale (Tumor Necrosis Factor), une molécule pro-inflammatoire secrétée par les propres cellules immunitaires d’une personne. Le TNF est secrété de façon inappropriée chez les patients atteints de maladies inflammatoires auto-immunes. Les médicaments TNFi s’attachent au TNF et le neutralisent, réduisant ainsi l’inflammation.

Les médicaments biologiques approuvés au Canada sont légèrement différents les uns des autres, mais ils ont tous environ la même efficacité. Ils sont pris par injection sous-cutanée ou par perfusion intraveineuse.

À mesure que les brevets prennent fin sur les médicaments TNFi, d’autres compagnies fabriquent des médicaments biologiques avec des propriétés similaires. Ils sont nommés produits biologiques ultérieurs (PBU venant de Subsequent Entry Biologics – SEBs). Il est important d’être informé sur les PBU car ils ne sont pas identiques au médicament original d’entrée. Des études comparant l’efficacité et la toxicité du novateur et du PBU peuvent aider à établir les équivalences et révéler les différences s’il y en a.

Analgésiques

Les analgésiques (anti-douleurs) peuvent être prescrits conjointement avec des AINS, des DMARD ou des médicaments biologiques pour aider à soulager la douleur.

Activité physique

On ne peut insister assez sur l’importance de l’activité physique dans la prise en charge de la spondylarthrite. Le mouvement peut soulager la douleur et la raideur. Même un peu d’exercice est mieux que pas du tout à moins d’être au milieu d’une poussée inflammatoire. L’activité physique supervisée ou en groupe est plus efficace qu’à la maison parce que vous êtes plus motivé sous supervision ou dans un groupe.

Faire de l’activité physique signifie bouger. Il y a toujours des étirements que vous pouvez exécuter en position assise ou couchée. Des formes plus actives d’activité physique sont bénéfiques à condition qu’elles soient à faible impact, par exemple, marcher ou nager, et pratiquées sur une base régulière. Il n’y a pas de forme d’activité physique préférable car les bienfaits de toutes les activités physiques sont à peu près les mêmes. Néanmoins, soyez conscient de la nécessité de faire des exercices d’étirements pour maintenir une bonne posture et de la flexibilité. Un physiothérapeute peut vous aider avec un programme d’étirements et d’exercices qui vous conviennent. Des extensions de la colonne vertébrale pourraient réduire les chances de développer une posture voûtée. Même s’il y a fusionnement de la colonne en cours, l’impact sur la posture peut être minimisé grâce à des exercices réguliers d’extension de la colonne.

Si vous débutez un programme d’activité physique, consultez d’abord votre professionnel de la santé. Commencez lentement et arrêtez avant d’avoir de la douleur. Bâtissez votre force et endurance graduellement. Visez des buts réalistes et établissez une routine régulière.

Chirurgie

Chez certains patients, la chirurgie peut être bénéfique. Une posture extrêmement voûtée peut mener à des difficultés de vision et de démarche. Si les vertèbres cervicales ou thoraciques supérieures sont fusionnées et courbées, l’ostéotomie vertébrale (redressement de la colonne) peut aider le patient à mener une vie plus normale.

La chirurgie peut aussi être bénéfique pour stabiliser une fracture ou remplacer une articulation lorsque les patients ont une atteinte significative aux hanches.

 

Suivi par un rhumatologue

Il est important d’être suivi régulièrement par un rhumatologue qui sera plus à même d’évaluer l’évolution de la maladie et le traitement approprié.

En cas de douleur à l’œil, spécifiquement à la lumière, d’œil rouge ou de vision floue, il est important de consulter un ophtalmologue en urgence en signalant que vous souffrez de SA, pour traiter rapidement l’uvéite, cette complication des yeux qui survient au moins une fois chez près d’un malade sur deux.

D’une façon générale, lorsque vous consultez un nouveau médecin, n’oubliez pas de lui dire que vous êtes atteint de spondylarthrite.

Entourage

S’il est normal de se sentir isolé, en particulier juste après l’annonce du diagnostic, il est important de vous faire aider par votre famille, par votre entourage et par vos amis.

Essayez d’impliquer les autres en les aidant à comprendre la maladie et ses effets sur vous.
Apprendre à adapter ses activités quotidiennes permet de redevenir maître de sa vie.
Mais pour obtenir les meilleurs résultats possible, il est important d’entretenir de bons rapports avec ses médecins et thérapeutes et de participer activement à son traitement.
Si nécessaire, faites-vous aider d’un psy pour apprendre à mieux gérer les conséquences psychologiques de la maladie.